Scénographie JO Paris 2012 Manifestation urbaine

Et les Jeux Olympiques descendent dans la ville et y laissent leurs empreintes, traces d'un élan vital, d'un temps mesuré, d'un enjeu démesuré, d'une jeunesse inaltérable.

Et on fait ce rêve de s'éveiller un matin dans un Paris qui n'est ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre.

Et au détour des rues, les traces de la démesure olympienne : Quelle délicatesse il leur a fallu à ces dieux du stade pour ne pas écraser la ville sous leur poids, pour donner un peu de leur nectar, de leur technique, opérer une transfusion.

Ici et Là, un javelot de huit mètres posé délicatement pour ne pas faire s'effondrer le fragile Opéra ; un poids surdimensionné déposé sans ébranler la frêle Tour Eiffel ; ou une flèche tirée d'un arc géant et plantée sans menace dans les pentes verdoyantes de Bercy. Mais ce n'est qu'à la tombée de la nuit que l'on pourra découvrir le corps et le visage de ces athlètes, projetés sur les bâtiments auprès de leurs agrès. Géants sereins qui se présentent à nous, comme dans un rêve.

Et puis s'éveiller au matin, et sentir un autre souffle possible. Voilà Paris sous le souffle olympien, fétu de paille, et l'envie soudaine de s'étirer, de sauter, de lancer, de courir sous le ciel d'automne de la capitale, de transformer le cœur de Paris en stadium, en matrice où règnent la compétition généreuse, l'équité, les valeurs morales et la fête. Un temps de paix, de trêve faite à la vie de tous les jours, au quotidien.

Se sentir comme un géant, un rêve de gamin, « être champion du monde, ou le meilleur de son quartier ou de sa rue », croire aux belles histoires : l'histoire d'un laissé pour compte qui accède à la plus haute marche du podium, d'un homme noir qui défit le nazisme en sautant sur ses pieds, de celui qui toujours deuxième passe enfin premier le temps d'une course, le temps d'un souffle. Les histoires où les enfants deviennent rois oubliant les souffrances de l'entraînement et toutes les histoires où gagnent celles et ceux en qui l'on ne croyait plus.

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JO 2012